Darkwood Bottines à lacets kaki qnWbAiTTa

SKU669536891089719
Darkwood Bottines à lacets kaki qnWbAiTTa
Darkwood Bottines à lacets kaki
Geox D NEW SYMPHONY HIGH E D642VE Noir lcekf
Mon compte S'abonner
[ masquer ]
La bibliothèque libre.
André Chénier
Ballerine Bleu Marine à Imprimé Floral Bleu Marine Vert Rose G7nxW
Texte établi par ecco COOL 20 Chaussures de course bleu foncé BSrbx
, ( 1 - 42 ).
Nike Performance DOWNSHIFTER 7 Chaussures de running neutres blanc m0mOCjsF6
Avis aux Français sur leurs véritables ennemis
book Camper Turtle K400238 Noir 6xexdcqtl
André Chénier 1879 Paris C Avis aux Français sur leurs véritables ennemis Chénier - Œuvres en prose éd. Moland, 1879.djvu Chénier - Œuvres en prose éd. Moland, 1879.djvu/7 1-42

Avis au peuple français sur ses véritables ennemis

Lorsqu’une grande nation, après avoir vieilli dans l’erreur et l’insouciance, lasse enfin de malheurs et d’oppression, se réveille de cette longue léthargie, et par une insurrection juste et légitime, rentre dans tous ses droits et renverse l’ordre de choses qui les violait tous; elle ne peut en un instant se trouver établie et calme dans le nouvel état qui doit succéder à l’ancien. La forte impulsion donnée à une si pesante masse la fait vaciller quelque temps avant de pouvoir prendre son assiette. Ainsi, après que tout ce qui était mal est détruit, lors-qu’il faut que les mains chargées des réformes poursuivent à la hâte leur ouvrage, il ne faut pas espérer qu’un peuple, encore chaud des émotions qu’il a reçues et exalté par le succès, puisse demeurer tranquille, et attendre paisiblement le nouveau régime qu’on lui prépare. Tous pensent avoir acquis le droit, tous ont l’imprudente prétention d’y concourir autrement que par une docilité raisonnée. Tous veulent non-seulement assister et veiller au tout; mais encore présider au moins à une partie de l’édifice; et, comme toutes ces réformes partielles ne sont pas d’un intérêt général aussi évident ni aussi frappant pour la multitude, l’unanimité n’est pas aussi grande ni aussi active; les efforts se croisent: un si grand nombre de pieds retarde la marche; un si grand nombre de bras retarde l’action.

Dans cet état d’incertitude, la politique s’empare de tous les esprits; tous les autres travaux sont en suspens; tous les antiques genres d’industrie sont dépaysés; les têtes s’échauffent; on enfante ou on croit enfanter des idées; on s’y attache, on ne voit qu’elles; les patriotes, qui dans le premier instant ne faisaient qu’un seul corps, parce qu’ils ne voyaient qu’un but, commencent à trouver entre eux des différences le plus souvent imaginaires. Chacun s’évertue et se travaille, chacun veut se montrer, chacun veut porter le drapeau; chacun exalte ce qu’il a déjà fait et ce qu’il compte faire encore; chacun, dans ses principes, dans ses discours, dans ses actions, veut aller au-delà des autres. Ceux qui, depuis longues années, imbus et nourris d’idées de liberté, ayant prévenu par leurs, pensées tout ce qui arrive, se sont trouvés prêts d’avance, et demeurent fermes et modérés, sont taxés d’un patriotisme peu zélé par les nouveaux convertis, et n’en font que rire. Les fautes, les erreurs, les démarches mal combinées, inséparables d’un moment où chacun croit devoir agir pour soi et pour tous, donnent

39 D’autre part, à côté de l’émergence de ces nouveaux mouvements religieux en lien étroit avec la modernité, une seconde tendance s’observe: la radicalisation de mouvements religieux, issus des religions déjà installées, qui s’opposent en tous points à la modernité. En effet, certains de nos contemporains s’engagent et s’inscrivent dans divers radicalismes religieux, appelés incorrectement «intégrismes», le terme désignant un parti espagnol fondé en 1890 voulant la subordination de l’État à l’Église catholique. Que cherchent donc ces radicalismes religieux? Ils souhaitent réaffirmer une tradition spécifique, impulser une orientation qui valorise «le retour aux sources», «le retour au texte» ou ce qui est représenté comme un âge d’or religieux, par rapport à une modernité en perdition morale. Ce type de démarche s’observe aussi bien dans le judaïsme, le catholicisme, l’islam que le protestantisme. À cet égard, pour caractériser ces différents radicalismes religieux, on parle fréquemment de «fondamentalisme». Rappelons que cet emploi est abusif: le fundamentalism naît aux États-Unis en 1895, date à laquelle certaines Églises évangéliques en réunion annuelle ( Niagara Conference ) publient, en réaction au «libéralisme théologique», un document dans lequel elles affirment cinq points fondamentaux: l’inspiration littérale du texte de la Bible; la divinité du Christ; la naissance virginale de Jésus; la valeur expiatrice et pleinement rédemptrice de la mort de Jésus; la certitude du retour prochain du Christ. Le terme vaut donc avant tout pour le milieu du protestantisme. Cela étant, l’ensemble de ces radicalismes religieux, toutes confessions considérées, ont deux caractéristiques essentielles: ils prolifèrent depuis les années 1970 à l’heure de la décomposition des religions monothéistes instituées; l’enjeu pour eux est de réaffirmer une hétéronomie du monde (le divin est au fondement du monde) à l’encontre de l’ambition moderne d’autonomisation de l’individu, laquelle aboutit selon eux à une «société permissive», à «un relâchement moral».

40 Après avoir évoqué ces huit rapports de l’individu qui sont autant de mutations anthropologiques, il nous semble qu’un rapport récapitule tous les autres, un rapport qui est comme le canevas de l’individu en société, un rapport qui spécifie l’individu moderne: le rapport à son identité. Manuel Castells nous en donne une première définition sociologique: l’identité est le «processus de construction de sens à partir d’un attribut culturel, ou d’un ensemble cohérent d’attributs culturels» (Castells, 1999, p.17). Or ce processus de construction de sens est aujourd’hui totalement bouleversé. Il est possible d’en dessiner une mise en perspective historique pour ensuite définir le contexte actuel de la troisième modernité, dans lequel l’individu hypermoderne construit son identité.

41 La première étape du raisonnement consiste à proposer un bref historique du rapport qu’entretient l’individu avec son identité. La construction de soi-même aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle d’autrefois. Soit, mais pourquoi? Auparavant, les appartenances communautaires assujettissaient l’individu à la tradition. Il faisait corps avec le «tout» auquel il appartenait et dont il avait incorporé les normes et valeurs. Il était inclus dans un ordre collectif, antérieur et supérieur. Il répétait par tradition, dans une «permanence coutumière» (Gauchet, 1985, p.19), ce que les anciens lui avaient appris. De ce fait, l’ordre prémoderne est coutumier, c’est «un ordre vécu comme intégralement reçu». La tradition a pour cœur et pour poumon la religion. Elle est la force hétéronome instituante de la société selon une séparation entre l’au-delà invisible et l’ici-bas visible. Elle est le mécanisme politique et englobant qui sépare l’histoire présente de l’humanité de son origine, en reconduisant perpétuellement l’ordre hérité et véhiculé par la tradition (Bobineau Gauchet, 2010). Du point de vue des individus, c’est «un ordre a-subjectif» pour leur construction identitaire. Du point de vue de la société, elle détermine et produit ses membres selon le double processus de la régulation/intégration Coco et abricot Belline 3 Bleu n7zpG
mis en évidence par le fondateur de la discipline sociologique en France: Émile Durkheim. Dans la société prémoderne, au plan sociologique, la totalité (de l’ensemble) est supérieure à l’individu: c’est le holisme sociologique ( en grec signifiant la totalité, l’entier).

42 Puis vient la modernité 8 . Pour la définir succinctement, le sociologue Alain Touraine nous donne une clé: c’est «la culture de séparation», la culture de l’objectivation étant mise en tension avec la culture de subjectivation (Touraine, 1992, pp.79, 125 et 276-278). Ou encore «l’art de séparation» selon Mickaël Walzer. Au plan économique, Max Weber considère que la naissance de l’entreprise moderne est due à une séparation: «la séparation de la gestion domestique et de l’entreprise, séparation qui domine entièrement la vie économique» (Weber, 1996, p.498). Au plan politique et toujours dans le même sens, Marc Sadoun et Jean-Marie Donegani définissent la modernité comme l’introduction de deux idées nouvelles: la solitude de l’individu et la séparation des instances (séparation des pouvoirs, séparation de l’État et des Églises, de la sphère publique et de la sphère privée). Ces séparations se fondent sur une séparation cardinale: celle des institutions et des sentiments (Donegani Sadoun, 2007, pp.7 et 427). Cette anthropologie séparatrice de la modernité libérale se trouve à l’exact opposé de celle qui définissait les temps pré-modernes, où la religion joint précisément institutions et sentiments à travers la civilisation paroissiale. L’acteur principal en est l’Église catholique romaine, organe essentiel de conservation de l’ordre social (Bobineau, 2010). , la modernité est mue par la «morale canonique du changement» (Jean Baudrillard), rythmée par une tradition bien particulière, la «tradition du nouveau» (Harold Rosenberg), la tradition de la séparation, pourrait-on ajouter.

43 Trois types d’individualisme, dès lors, vont se développer. Dans un premier temps, un individualisme «abstrait» (de Singly, 2005) couvre ce qu’il est possible d’appeler la «première modernité», du milieu du xix ème siècle aux années 1960. Cet «individualisme abstrait» met en avant la vision d’un individu doué de raison qui, à la suite des Lumières, s’émancipe des traditions communautaires. Il se déracine en quelque sorte de ses attaches locales et traditionnelles. Pour reprendre le philosophe Robert Legros, il s’agit d’arracher l’homme à sa naturalisation, à ses inclinations sensibles (Legros, 1990, p.7). Dans un deuxième temps, un individualisme «concret» se développe à partir des années 1960: c’est la «deuxième modernité» (Beck, 1986, pp.19-31). Il ne s’agit plus tant de se séparer de ses attaches communautaires au nom de la raison émancipatrice que de développer l’individu en revendiquant son originalité, son authenticité et son indépendance. Il s’enracine durant cette période dans son individualité, éloigné des appartenances communautaires héritées Bobineau Tank-Storper, 2007). L’individu devient son moyen d’autopromotion, son skopos, mais aussi son telos , son propre moteur, sa finalité. Comme l’avait déjà envisagé Émile Durkheim, l’individu érige son propre culte dans la société moderne: la sacralité et la religiosité portaient auparavant sur des choses collectives, elles portent désormais sur les choses personnelles; une «religion de l’individu» est née; «le culte de l’individu» est advenu (Durkheim, 1990, pp.198-199).

About us
Contact us

And stay informed of the latest JUMP news !

Ashoka Fellows are social entrepreneurs who are recognised to have innovative solutions to social problems and the potential to change patterns across society.